À l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Tchad, il est opportun de dresser un bilan de l’évolution des infrastructures dans le pays, de 1960 à 2025. Ce panorama souligne les avancées majeures accomplies, tout en soulignant les obstacles encore à surmonter.
Depuis son accession à l’indépendance, le Tchad a réalisé des progrès significatifs dans le secteur des infrastructures routières. Sous l’impulsion du ministère des Infrastructures et du Désenclavement, de nombreux projets de construction et de réhabilitation de routes et de ponts ont été lancés. Ces efforts visent à désenclaver les zones rurales, faciliter l’accès aux services essentiels et favoriser l’intégration économique régionale.
Parmi les réalisations récentes, on peut citer :
- La réhabilitation de l’avenue Charles de Gaulle, artère principale de N’Djamena, actuellement en cours.
- La construction du troisième pont de N’Djamena, destinée à fluidifier le trafic et renforcer la connexion entre les rives du fleuve Chari.
- L’amélioration du corridor rail-route Douala-N’Djamena, lancé en mars 2024 à Koundoul, avec le soutien de la Banque européenne d’investissement, de la Banque mondiale et de l’Union européenne, pour dynamiser cet axe stratégique.
D’autres projets d’envergure méritent également d’être soulignés : les routes Bol-Liwa, Ngouri-Bol, Kelo-Pala, Rig Rig-Daboua, Abeche-Abougoulem, Kyabe-Singako ainsi que le pont sur le Logone reliant Bongor à Yagoua.
L’aéroport international de N’Djamena a bénéficié d’importants travaux d’extension et de modernisation, renforçant le positionnement du Tchad comme hub régional.
Par ailleurs, des investissements notables ont été réalisés dans les secteurs de la santé et de l’éducation, avec la construction et la rénovation d’hôpitaux, notamment à Pala, et d’écoles à travers le pays. La modernisation des bâtiments publics a aussi amélioré l’accès et la qualité des services gouvernementaux.
Cependant, malgré ces avancées, le Tchad doit faire face à plusieurs défis majeurs :
- Le financement reste un obstacle de taille, avec des ressources limitées pour mener à bien tous les projets envisagés.
- La corruption et la mauvaise gestion freinent parfois la réalisation effective des infrastructures.
- L’insécurité, liée aux conflits armés dans certaines régions, constitue un frein important à l’investissement et au développement.
Le récent forum international sur le développement des infrastructures au Tchad a mis en avant les ambitions gouvernementales, notamment la construction de plus de 7 000 km de routes dans les prochaines années. Ces initiatives visent à renforcer le tissu infrastructurel national et à stimuler la croissance économique.
En conclusion, le bilan des infrastructures au Tchad depuis 1960 révèle une dynamique contrastée : des progrès tangibles, mais aussi des défis persistants. La réussite future dépendra de la mobilisation des ressources, de la transparence dans la gestion et de la stabilité sécuritaire pour offrir aux Tchadiens un développement durable et inclusif.


