La bataille judiciaire autour de Victoire Ingabire, figure majeure de l’opposition rwandaise, se poursuit dans un climat de tension et d’attente. Alors que ses avocats avaient introduit une demande de mise en liberté provisoire, le tribunal compétent a choisi de surseoir à statuer. Il a annoncé que les arguments de la défense et les objections du ministère public seront examinés de manière conjointe avant toute décision finale.
Lors de l’audience, le représentant du ministère public s’est appuyé sur l’article 106 du code de procédure pénale pour justifier la poursuite de la détention. Selon lui, c’est au parquet – et non au tribunal – qu’il revient de décider si une personne doit être maintenue en détention en attendant son procès. Il a par ailleurs nié toute forme d’ingérence du pouvoir judiciaire, répondant ainsi aux critiques qui pointent du doigt une instrumentalisation politique de la justice dans cette affaire sensible.
Déjà condamnée par le passé pour conspiration contre l’autorité de l’État et incitation à la division, Victoire Ingabire est aujourd’hui à nouveau confrontée à des accusations qu’elle rejette catégoriquement. Ses avocats dénoncent une procédure injuste et une détention arbitraire, soulignant qu’aucun élément nouveau ne justifie la privation de liberté de leur cliente.
L’affaire suscite une vive attention au Rwanda comme à l’étranger. Plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à une transparence totale dans le processus judiciaire et au respect strict des droits de la défense. Pour l’heure, la décision du tribunal est attendue dans les jours à venir et pourrait s’avérer décisive, tant pour l’avenir judiciaire de Victoire Ingabire que pour l’image d’indépendance de la justice rwandaise.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


