Le Rwanda franchit une nouvelle étape dans son processus d’industrialisation. En septembre 2025, le pays inaugurera sa toute première usine de transformation du minerai de fer en métal. Baptisée A-One Iron and Steel Ltd, cette infrastructure est implantée dans la zone industrielle de Musanze et représente un tournant majeur pour l’économie nationale, jusque-là fortement dépendante des importations de métaux.
Selon le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MINICOM), cette installation constitue une première au Rwanda et seulement la troisième en Afrique de l’Est. Contrairement aux usines locales qui se limitent au recyclage de ferrailles, A-One Iron and Steel produira directement du métal à partir du minerai, avec une capacité annuelle estimée à plus de 150 000 tonnes de fer réduit (DRI) et autant de métal fondu.
Une section de façonnage permettra ensuite de fabriquer divers produits, allant des barres de fer aux cylindres, en passant par le fer à béton. Le Rwanda dispose de gisements évalués à plus de 110 millions de tonnes de minerais stratégiques, dont le fer, le lithium, le béryllium et l’uranium. Pour alimenter l’usine, les premières extractions de fer proviendront notamment de Rulindo, même si les accords d’exploitation sont encore en négociation.
L’ambition affichée est claire : satisfaire plus de 50 % des besoins du marché intérieur et se positionner sur l’exportation afin de générer des devises. Outre son rôle industriel, le projet aura un impact social majeur. À son lancement, 1 000 emplois directs seront créés et environ 2 500 emplois indirects bénéficieront à la chaîne d’approvisionnement.
Le processus de transformation produira également de l’oxygène destiné au secteur médical et du dioxyde de carbone réutilisable par d’autres industries locales, renforçant les synergies au sein de la zone industrielle. Estimée à 20 millions de dollars, la construction de cette usine s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à réduire la dépendance aux importations et à renforcer l’autonomie industrielle du Rwanda.
« Produire localement ce que nous importions hier représente une économie de devises et une opportunité de croissance pour l’industrie rwandaise », a rappelé Christian Twahirwa, Directeur Général du Département de l’Industrie et de l’Investissement au MINICOM. Avec cette mise en service imminente, le Rwanda entend consolider son image de pays en plein essor industriel et renforcer sa place dans le marché régional de l’acier.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


