Alors que des voix critiques s’élèvent contre un possible accord minier entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, soupçonné de se négocier dans l’opacité, plusieurs députés nationaux brisent le silence pour afficher leur soutien. Ce jeudi 19 juin 2025, le groupe parlementaire d’amitié RDC-USA a exprimé, lors d’un échange avec l’ambassadrice américaine Lucy Tamlyn, son adhésion totale à cette coopération stratégique, présentée comme une réponse diplomatique à la crise sécuritaire et économique que traverse le pays.
Le député Joseph Bangakya, président du groupe, a salué l’engagement des élus congolais ayant, selon lui, « fait la bonne lecture » d’un contexte où la RDC était « à la croisée des chemins ». Il a rappelé que ce partenariat avait émergé comme une alternative politique face à l’agression persistante du Rwanda via les rebelles du M23 dans l’Est du pays.
En toile de fond, un climat de méfiance persiste : plusieurs opposants politiques et membres de la société civile dénoncent un « risque de bradage des ressources nationales » en raison du manque de transparence entourant les négociations, amorcées en début d’année alors que Goma et Bukavu faisaient face à une pression rebelle accrue.
Face à ces inquiétudes, les parlementaires ont insisté sur leur rôle central dans le suivi et la mise en œuvre de cet accord, appelant à plus d’inclusivité et de contrôle institutionnel. Lucy Tamlyn, de son côté, a salué l’engagement des députés et exhorté le gouvernement congolais à créer les conditions d’un climat propice à la croissance, tout en réaffirmant l’opposition ferme des États-Unis à l’implication du Rwanda dans la déstabilisation de l’Est.
Le ministre Julien Paluku a, quant à lui, rappelé les cinq piliers du partenariat en gestation – sécurité, stabilité, développement économique, gouvernance et démocratie – avant d’appeler à transformer les exportations congolaises en leviers de développement grâce à la valeur ajoutée locale.
Affaire à suivre de près, tant les enjeux géopolitiques et économiques de cet accord pourraient reconfigurer l’avenir de la RDC.


