La dot et l’enregistrement du mariage, souvent perçus comme des obstacles majeurs pour de nombreux jeunes Congolais, sont au centre d’une proposition de loi déposée au Sénat le 2 juin dernier par le sénateur José Panda Kabangu. Présentée vendredi 8 août à Kinshasa lors d’une activité organisée par « Palabre, Forum congolais sur la famille », avec l’appui de Religions for Peace, de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et du RS Groupe, cette initiative entend réhabiliter la dimension symbolique de la dot et en limiter les dérives.
« Perçue à tort comme une transaction commerciale, la dot doit retrouver sa valeur traditionnelle », plaide José Panda. Il propose ainsi de modifier l’article 363 du Code de la famille afin que les ministères compétents définissent, pour chaque groupe ethnique, une nomenclature claire des biens symboliques acceptés. Objectif : éviter les demandes abusives (forages, appareils électroménagers ou sommes exorbitantes) qui éloignent la pratique de ses racines coutumières.
La proposition s’attaque aussi aux frais illégaux imposés par certains officiers d’état civil pour l’enregistrement et la célébration des mariages, pourtant gratuits selon la loi. Un ajout à l’article 377 rappellerait explicitement la gratuité de ces démarches, afin de mettre fin aux pratiques arbitraires. Pour José Panda, le mariage civil est avant tout un outil administratif et statistique, essentiel à la planification des politiques familiales.
La réforme suggère également des ajustements sur la garde des enfants après divorce, la monogamie et les dispositions successorales. En toile de fond, un même objectif : assainir les pratiques et faciliter l’accès au mariage, tout en préservant les traditions.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


