Après des années d’affrontements meurtriers et d’instabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo, un vent d’espoir souffle enfin sur la région. Ce samedi 19 juillet à Doha, le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) ont signé une Déclaration de principes historique, censée jeter les bases d’un accord de paix global d’ici au mois d’août.
Ce document, fruit de trois mois de pourparlers facilités par la diplomatie qatarie, engage les deux parties à instaurer un cessez-le-feu permanent, à cesser toute offensive militaire et à mettre fin aux discours de haine. Il prévoit également la création d’un mécanisme indépendant de vérification, sous la coordination de la MONUSCO, avec un appui régional possible, pour veiller au respect mutuel des engagements.
D’autres mesures concrètes ont été arrêtées pour renforcer la confiance, notamment la libération encadrée des détenus par le biais du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ainsi que l’élaboration d’une feuille de route en vue de restaurer l’autorité de l’État dans les zones encore sous occupation. Une attention particulière est aussi portée à la réintégration des réfugiés et déplacés internes, avec le soutien du HCR et des pays voisins comme le Rwanda et l’Ouganda.
La délégation congolaise, conduite par Sumbu Sita Mambu, émissaire spécial du président Félix Tshisekedi, a salué cette avancée majeure. De son côté, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23, s’est dit convaincu de la nécessité d’un règlement pacifique et durable du conflit.
Les deux parties se sont engagées à entamer la mise en œuvre des dispositions avant le 29 juillet et à poursuivre les négociations finales d’ici au 8 août, avec en ligne de mire la signature d’un accord global prévue au plus tard le 18 août.
Le rôle central du Qatar dans ce processus a été officiellement reconnu, de même que le soutien actif des États-Unis, de l’Union africaine et de la Communauté d’Afrique de l’Est. Alors que les populations de l’Est attendent depuis longtemps des résultats tangibles, cet accord préliminaire ouvre une nouvelle page dans l’histoire de la RDC : celle de la paix possible, mais encore à construire.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


