Ce lundi 8 décembre, le Président de la République, Félix Tshisekedi, s’adressera aux deux chambres du Parlement réunies en congrès au Palais du Peuple, dans le cadre du discours annuel sur l’état de la Nation prévu par la Constitution. Un exercice solennel, attendu, qui intervient dans un contexte national et régional singulier, marqué par la récente signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, censé baliser la voie de la fin des violences armées persistantes dans l’Est du pays.
Comme l’a rappelé Giscard Kusema, directeur adjoint de la communication présidentielle, le Chef de l’État est tenu, une fois l’an, de dresser un tableau général de la santé de la Nation. Tous les secteurs clés seront ainsi passés au crible : sécurité, politique intérieure, diplomatie, économie et social. Objectif affiché : faire le bilan des actions engagées, tout en traçant les grandes perspectives pour l’année 2026.
Le discours présidentiel se tient surtout au lendemain de ce que la présidence qualifie de « succès diplomatique majeur » : l’entérinement, le jeudi 4 décembre, de l’accord de paix entre Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame. Un accord signé sous l’égide des États-Unis, présenté comme un pas décisif vers la pacification de l’Est de la RDC.
Mais sur le terrain de l’opinion publique congolaise, l’accord divise. Si certains y voient une victoire diplomatique susceptible de mettre un terme aux conflits armés, notamment ceux impliquant la rébellion du M23/AFC, d’autres dénoncent un texte jugé déséquilibré, accordant, selon eux, une prime économique au Rwanda, dans un climat de méfiance qui pourrait fragiliser la mise en œuvre des engagements pris.
Face à ces interrogations, Félix Tshisekedi est attendu au tournant. « Nous pensons que le Président de la République ne manquera pas de faire le point sur cette question », a indiqué Giscard Kusema, soulignant que le Chef de l’État devrait expliquer les tenants et aboutissants de l’accord, ainsi que les attentes du peuple congolais. « Il va planter le décor sur tout ce qui a été fait et sur ce qui reste à faire pour l’année 2026 », a-t-il conclu, résumant l’enjeu central de ce rendez-vous politique hautement symbolique.


