En réponse à une vague de plaintes dénonçant la corruption au sein de l’administration publique, le Vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a pris une décision ferme : la suspension immédiate de plusieurs agents de la Cellule technique d’engagement de la paie, accusés de graves manquements dans la gestion du processus de mécanisation des fonctionnaires.
« Des pratiques abjectes, inacceptables, de corruption et de monnayage de la mécanisation sont rapportées dans votre service », a lancé le ministre, s’adressant directement aux agents incriminés lors d’une réunion tendue. Appuyé par les conclusions d’une enquête interne, Jean-Pierre Lihau a révélé que certains fonctionnaires de cette cellule entretiennent un réseau illicite exigeant des pots-de-vin pour mécaniser des agents de l’État, c’est-à-dire les faire inscrire sur les listes officielles de paie.
Rappelant que la mécanisation est un droit et non un privilège, le ministre a souligné l’ampleur du défi : « Plus de 631 000 agents sont exclus du système de rémunération depuis plus de 20 ans. » Surnommés les « non payés » (NP), ces fonctionnaires œuvrent sans salaire ni prime, souvent dans des hôpitaux, écoles et universités, dans des conditions précaires. Face à leur attente interminable, certains agents de la Cellule technique auraient même procédé à des désactivations arbitraires, retirant du système des fonctionnaires déjà mécanisés, au mépris des lois en vigueur.
Indigné, Jean-Pierre Lihau a dénoncé des sabotages qui minent les réformes en cours pour restaurer l’équité au sein de la Fonction publique : « Vous compromettez les efforts que nous déployons pour garantir à chaque fonctionnaire son droit à une rémunération. »
Face à la gravité des faits, le ministre n’a pas hésité : « Pour les besoins de l’enquête, je me vois dans l’obligation de vous suspendre tous. » Un dispositif provisoire assurera la continuité du service en attendant les conclusions définitives. Il a qualifié ce département stratégique de « cœur d’un système opaque entaché de pratiques frauduleuses autour du processus de mécanisation ».
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


