Amnesty International a appelé le mardi 19 août 2025 les États-Unis à placer les droits humains au centre de tout accord économique avec la République démocratique du Congo et le Rwanda. Dans son dernier rapport, l’ONG insiste pour que les victimes congolaises et rwandaises, notamment celles ayant subi des violences sexuelles, soient placées au cœur des priorités.
Selon Amnesty, « tout accord doit donner la priorité aux garanties en matière de droits fondamentaux » et ne pas ouvrir la voie à de nouvelles violations. L’organisation recommande à Washington d’appuyer un mécanisme de contrôle piloté par la RDC, afin d’exclure des processus de démobilisation et de réintégration tout combattant ou membre des forces de sécurité impliqué dans des crimes graves.
Aux autorités congolaises, Amnesty rappelle l’obligation de s’assurer que l’aide – financière, militaire ou logistique – à certains groupes armés n’alimente pas de nouvelles atteintes aux droits humains. De son côté, Kigali est invité à cesser tout soutien au M23, accusé de commettre des exactions telles que torture, viols collectifs, exécutions sommaires et recrutement forcé.
Cette mise en garde intervient alors qu’un projet d’accord de paix entre Kinshasa et les rebelles de l’AFC-M23 circule déjà. Le texte, selon plusieurs sources, prévoirait la création d’une force mixte composée d’éléments du M23 et de la police congolaise pour administrer temporairement les zones sous contrôle rebelle, en attendant des élections locales prévues en 2027.
Une perspective qui ne fait pas l’unanimité à Kinshasa. Le président Félix Tshisekedi a exprimé ses réserves lors d’un entretien avec Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères, reçu le même jour.
Pour Amnesty, les États-Unis, engagés dans ces discussions économiques et diplomatiques, portent une responsabilité majeure. Leur appui doit, selon l’ONG, conditionner toute coopération bilatérale au respect strict des droits humains et à la mise en place d’une véritable justice pour les victimes.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


