Face aux défis titanesques d’un pays en pleine croissance démographique, miné par le sous-financement et les dettes, la question de l’électrification durable de la RDC s’est invitée avec urgence à la 2ᵉ édition de la Semaine de l’énergie, ouverte ce mardi 24 Juin à Kinshasa.
À la tribune, le Directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Fabrice Lusinde, a livré un discours sans détour. Il a plaidé pour une réforme de la fiscalité énergétique, dénonçant un système oppressant qui freine l’investissement dans le secteur. « La fiscalité devrait être un levier, pas un fardeau », a-t-il lancé, appelant le régulateur et le ministère de l’Énergie à agir.
Malgré des contributions importantes au Trésor public (100,3 millions USD en 2024 contre 70,8 millions en 2023), la SNEL se trouve étranglée par une dette colossale de 3 milliards USD, dont 278 millions rien que de la part de l’État congolais. Les entreprises publiques et les provinces n’en sont pas en reste. Lusinde propose une piste concrète : l’installation de compteurs prépayés dans les bâtiments publics afin de planifier efficacement les dépenses énergétiques.
Alors que la SNEL ne fournit que 1 100 MW sur les 2 200 MW contractés, la question énergétique devient un enjeu national. L’électrification ne sera pas qu’une affaire de câbles et de centrales, mais de volonté politique, de réformes fiscales et de vision à long terme.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


