Le souffle économique de l’Ituri s’est brutalement figé : depuis cinq jours, le tronçon Bunia–Kasenyi est coupé, étouffé par l’effondrement du pont Mbogu, situé à seulement cinq kilomètres de Bunia. Ce corridor stratégique, véritable cordon ombilical reliant la province à l’Ouganda, n’assure plus l’approvisionnement en vivres et produits essentiels, au grand désarroi des commerçants qui, samedi 22 novembre, tiraient une sonnette d’alarme devenue presque un cri du cœur.
Des centaines de véhicules, chargés de pommes de terre, tomates, bananes ou oignons en pleine décomposition, sont immobilisés de part et d’autre du pont, tandis que les motards, contraints à des traversées périlleuses de la rivière, improvisent des solutions de fortune pour sauver ce qui peut encore l’être.
À cette crise vivrière s’ajoute la paralysie des chantiers : camions de sable, gravier et moellons figés dans l’attente, travaux arrêtés, ouvriers sans revenus. Face à cette chaîne de pertes qui s’allonge comme une ombre sur la région, commerçants et opérateurs économiques en appellent au Gouvernement pour une réhabilitation urgente des ponts défectueux sur cet axe névralgique, dont dépend la survie quotidienne de milliers de familles.


