Les pourparlers de paix entre la République démocratique du Congo et la rébellion M23-AFC piétinent à Doha. Et pour la coalition rebelle, les responsabilités sont claires : le gouvernement congolais refuserait systématiquement de s’engager dans un cessez-le-feu, pourtant jugé essentiel à la désescalade.
Lors d’une conférence de presse ce 3 juillet 2025, Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation du M23, a dénoncé un double discours de Kinshasa. Selon lui, pendant que la RDC participait aux négociations, elle préparait en parallèle des offensives militaires, allant jusqu’à faire appel à des mercenaires étrangers basés à Kisangani.
Le M23 accuse également le pouvoir congolais de renforcer des milices locales comme les Wazalendo ou les Maï-Maï en leur fournissant des drones et des armes lourdes, tout en envoyant à Doha des représentants sans aucun mandat officiel.
« Comment avancer vers la paix si nos interlocuteurs n’ont même pas d’accréditation ? » s’interroge Mbonimpa, affirmant que, depuis 2022, son mouvement a décrété cinq cessez-le-feu unilatéraux, sans réponse concrète de Kinshasa.
Un nouveau blocage qui laisse planer un doute sérieux sur l’avenir du processus de paix dans l’Est du pays, alors que les tensions restent vives sur le terrain.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


