Le lac Kivu, géant majestueux niché entre la RDC et le Rwanda, fait face à une triple menace : pollution plastique, insécurité alimentaire liée à la chute des ressources halieutiques, et envasement des installations hydroélectriques. Une combinaison alarmante qui met en péril non seulement l’écosystème, mais aussi l’avenir énergétique et économique de toute la région des Grands Lacs.
Face à l’urgence, une lueur d’espoir émerge : “Lake Kivu Clean Up”, une initiative écologique soutenue par la coopération suisse à travers le Swiss Water Partnership. Portée par des organisations locales, cette réponse communautaire mobilise une jeunesse résolue à transformer la crise en opportunité.
Depuis le lancement du projet, des centaines de jeunes, d’élèves, d’associations et de riverains se retroussent les manches pour débarrasser les rives du lac des déchets plastiques. Des campagnes de sensibilisation sont menées dans les quartiers et écoles de Bukavu. Le mot d’ordre : nettoyer, éduquer, transformer.
« Ce n’est pas qu’une action isolée, c’est un mouvement collectif qu’il faut faire durer », témoigne Johnson Amani, habitant de Kadutu, visiblement déterminé.
Là où certains ne voyaient que des ordures, “Lake Kivu Clean Up” voit des opportunités. Les déchets collectés sont recyclés localement en matériaux de construction : pavés, tuiles, briques écologiques. Une activité qui crée des emplois, valorise les savoir-faire locaux et dynamise l’économie verte dans la province du Sud-Kivu.
Le projet mise aussi sur une gouvernance inclusive : autorités locales, ONG, communautés riveraines et partenaires techniques élaborent ensemble des solutions durables. Des plateformes de concertation et des outils de suivi participatif garantissent transparence et impact. L’éducation environnementale devient un levier fort pour ancrer ces actions dans la durée.
“Lake Kivu Clean Up” prouve qu’une jeunesse informée et impliquée peut porter le changement. En conjuguant écologie, innovation et inclusion, cette initiative dessine les contours d’un avenir plus résilient. Préserver le lac Kivu, c’est préserver une source de vie, un poumon économique et un vecteur de paix pour des millions de personnes.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


