La République démocratique du Congo vient de franchir un cap décisif dans sa lutte contre le sous-emploi et la précarité. Ce Samedi 13 septembre, la Première ministre Judith Suminwa a lancé la campagne nationale d’information sur la Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE), lors d’une cérémonie au Pullman Hôtel de Kinshasa.
Entourée de plusieurs ministres, de l’ONEM, de Pay Network et d’acteurs de la formation professionnelle, elle a rappelé la vision du président Félix Tshisekedi : intégrer la formation et la certification des compétences au cœur des investissements publics et privés. « Trop de talents restent invisibles. La VAE est une réponse concrète pour formaliser l’informel et renforcer l’employabilité », a-t-elle souligné, plaçant ce dispositif au centre du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028.
La VAE offre aux travailleurs ayant au moins trois ans d’expérience, mais dépourvus de diplôme, une certification professionnelle reconnue par l’État, sans condition d’âge. Une aubaine pour des millions de Congolais actifs dans le secteur informel, du mécanicien au cuisinier, en passant par le coiffeur ou l’électricien. Le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila, a illustré l’impact immédiat de ce programme : vingt-deux dépendants de militaires, formés gratuitement, viennent d’intégrer la société SOGEREF.
Kinshasa servira de ville pilote avant un déploiement national. Le gouvernement provincial prévoit déjà un Programme de Professionnalisation et de Formalisation des Métiers, soutenu par un mémorandum d’entente avec Pay Network et l’agence CSB, chargées d’assurer l’appui technique et l’insertion des certifiés sur le marché du travail.
En valorisant l’expérience acquise, la RDC espère réduire le chômage, combler la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et stimuler une croissance inclusive. Un chantier d’envergure qui, selon la Première ministre, prépare « une nation résolument tournée vers l’avenir ».
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


