La République démocratique du Congo franchit un pas décisif vers une nouvelle ère de la finance environnementale. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a lancé, le samedi 5 juillet à Kinshasa, une table ronde consacrée au Crédit Bonobo, un mécanisme inédit qui allie protection de la biodiversité et développement économique. Cette initiative ambitionne de faire de la RDC un acteur clé de la finance verte mondiale.
Au cœur du projet, une idée novatrice : attribuer une valeur monétaire aux espèces endémiques menacées telles que le Bonobo, l’Okapi ou le Gorille de montagne. Inspiré des crédits carbone, le Crédit Bonobo propose la création d’un marché de crédits biodiversité. L’objectif est de mobiliser des ressources financières – tant publiques que privées – pour financer la préservation des écosystèmes tout en générant des retombées économiques au profit des communautés locales.
« Le Crédit Bonobo est une initiative visionnaire qui consacre la création de la plus vaste réserve terrestre protégée au monde », a déclaré le Président Tshisekedi. En effet, le projet s’appuie sur la création du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, une zone écologique de 544 000 km², dont 100 000 km² de forêts primaires, visant à préserver la mégafaune congolaise dans le respect des droits des populations autochtones.
Le mécanisme repose sur une approche à triple impact : écologique (protection des espèces et des habitats), économique (intégration aux marchés de la finance verte) et social (autonomisation et implication des populations locales). La RDC, qui détient plus de 60 % des forêts du bassin du Congo, entend combler le déficit de financement pour sa transition écologique.
Selon l’ICCN, cette table ronde marque un tournant stratégique. Avec le soutien de partenaires comme la Fondation du Zoo d’Anvers, les travaux se poursuivront les 7 et 8 juillet à Anvers pour structurer le plaidoyer international et poser les fondations juridiques d’un marché mondial des crédits biodiversité.
À travers le Crédit Bonobo, la RDC ne protège pas seulement ses espèces emblématiques : elle propose un modèle africain de finance durable, conciliant écologie, justice sociale et développement.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


