La capitale congolaise a vibré au rythme du Genocost ce samedi 02 août 2025, une commémoration citoyenne dédiée à la mémoire des millions de Congolais victimes des guerres et conflits armés. À la place des Évolués, rebaptisée « Place Genocost », des centaines de jeunes et d’activistes ont rendu hommages aux disparus, tout en dénonçant la récupération de l’initiative par les autorités.
Après un compte à rebours solennel, des ballons ont été lâchés dans le ciel pour marquer l’ouverture de la cérémonie. Sur le sol, des bougies formaient le mot « Genocost », un néologisme désignant les génocides perpétrés pour des intérêts économiques en RDC. Célébrée depuis 2013 à Londres, puis en RDC dès 2018, cette journée est née de la société civile, bien avant d’être reconnue officiellement.
Fred Bauma, de l’institut Ebuteli, a rappelé que « les victimes ne sont pas que des chiffres, elles attendent justice et dignité ». Face aux nouvelles agressions qui ensanglantent l’Est et d’autres régions, il a exhorté les autorités à mettre fin à l’impunité et aux violences.
Luc Lukusa, autre figure de la mobilisation, a dénoncé « l’hypocrisie de certains leaders » qui réclament l’unité le jour mais recherchent des postes la nuit. « Nous avons besoin d’actes, pas de promesses », a-t-il martelé.
Shekinah, venue de l’Est, a appelé à dépasser l’expression « guerre de l’Est » pour parler d’une guerre contre toute la RDC. Elle a exhorté l’État à écouter les appels des victimes et à protéger les familles encore en détresse.
Les activistes ont critiqué le rôle du Fonarev, accusé de détourner l’esprit du Genocost au profit de fonds obscurs et d’un agenda centré uniquement sur les violences sexuelles, en oubliant les massacres.
La cérémonie a été clôturée par des slams, des danses et des scènes de théâtre retraçant la vie dans les zones de guerre. Un hommage vibrant, mais aussi un appel urgent à rendre justice aux victimes.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


