Le mouvement citoyen Filimbi a publié ce jeudi 26 Juin 2025 un rapport accablant sur la gestion d’un marché public par le Fonds de Réparation des Victimes des Atrocités de l’Occupation (FRIVAO). Au cœur de la controverse : un contrat de gré à gré de 1 million de dollars octroyé à la société DIVO INTERNATIONAL SARLU, propriété de l’homme d’affaires Deo Kasongo, pour la réalisation d’un documentaire sur la guerre de six jours à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
Filimbi dénonce une violation manifeste de la législation congolaise sur les marchés publics. « Ce contrat, attribué sans appel d’offres dans des conditions opaques, bafoue les principes de transparence et de concurrence exigés par la loi », souligne le rapport.
Selon le mouvement, le projet initialement budgétisé à 700 000 dollars a non seulement dépassé les délais de livraison — six mois pour une diffusion limitée à Kinshasa — mais a aussi fait l’objet de deux décaissements suspects de 500 000 dollars chacun, soit 300 000 dollars de plus que prévu. Une lettre du Conseil d’administration du FRIVAO, datée du 9 mai 2025, consultée par Filimbi, confirme l’absence d’appel d’offres.
« Ce qui devait être un projet de mémoire collective s’est mué en un cas flagrant de clientélisme et de mauvaise gestion des fonds publics », déplore Filimbi, qui réclame un audit indépendant, la publication immédiate de tous les documents contractuels et la mise en place de mécanismes de redevabilité au sein du FRIVAO.
L’affaire risque de relancer le débat sur la gouvernance des fonds dédiés à la justice transitionnelle et la protection des victimes des conflits armés en République démocratique du Congo.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale

