Depuis le début de l’année, plusieurs partenaires internationaux, dont l’USAID, ont suspendu leurs financements à destination de la République démocratique du Congo (RDC). Cette décision brutale a mis en péril des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et l’agriculture, rendant la situation sociale du pays plus précaire.
Lors du conseil des ministres du 28 mars, le président de la République, Félix Tshisekedi, a exprimé son inquiétude quant aux conséquences de cette interruption des aides internationales. Il a averti que la crise humanitaire pourrait s’aggraver, mettant en danger des millions de citoyens dépendant des programmes financés par ces fonds.
Un appel à l’action du gouvernement
Face à cette situation critique, le chef de l’État a demandé au gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, de prendre des mesures urgentes :
Réaliser une analyse approfondie de la dépendance du pays aux financements extérieurs et formuler des solutions pour atténuer les effets de la rupture de ces fonds.
Élaborer un Plan national de transition afin d’assurer la continuité des services essentiels, avec des mesures à court et long terme pour renforcer la résilience des secteurs clés.
Revoir stratégiquement les priorités nationales et mobiliser des ressources internes ainsi que de nouveaux partenariats pour assurer une autonomie financière durable.
Une décision américaine aux lourdes conséquences
Cette suspension intervient dans un contexte international tendu. Le 7 février 2025, l’ex-président américain Donald Trump annonçait la suppression de l’USAID, privant ainsi de nombreux pays en développement d’un soutien financier crucial. La RDC, qui avait reçu près d’un milliard de dollars de l’agence en 2023, se retrouve parmi les premières victimes de cette décision.
Vers une refonte de la politique d’aide au développement ?
Félix Tshisekedi plaide pour une restructuration de la politique nationale d’aide au développement afin de garantir une plus grande souveraineté budgétaire. Le gouvernement devra remettre, sous 30 jours, un rapport détaillant la mise en œuvre des mesures prises pour pallier ce choc économique.
Avec cette décision, la RDC fait face à un tournant décisif, devant repenser son modèle de financement pour assurer le bien-être de sa population et la stabilité de son développement à long terme.
Yenga Fazili wã BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale