La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de s’enliser, malgré les multiples accords de paix signés ces derniers mois. Exécutions sommaires, violences sexuelles, attaques contre des civils : les rapports qui remontent du Nord-Kivu et du Sud-Kivu décrivent un climat de terreur persistant. Washington, inquiet, appelle une nouvelle fois les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu.
Massad Fares Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au Département d’État américain, a dénoncé « la recrudescence des violences » et exhorté à « un leadership fort pour garantir la mise en œuvre de l’accord de paix ». Dans un message publié sur X, il a souligné que « la violence compromet les progrès vers la paix et la prospérité », tout en rappelant l’engagement des États-Unis à soutenir la médiation internationale.
Sur le terrain, les échanges de tirs se multiplient entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les éléments de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Kinshasa accuse le mouvement rebelle de « massacres ciblés » et de « violations intentionnelles » du cessez-le-feu, tandis que l’AFC/M23 dénonce les « manœuvres offensives » de l’armée congolaise. Le climat reste explosif, nourri par des accusations mutuelles et l’absence d’avancées diplomatiques.
Prévue le 8 août à Doha, une rencontre directe entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 a été annulée, bloquant la suite du processus de paix. Le mécanisme d’échange de prisonniers, qui devait être opérationnel fin juillet avec l’appui de la Croix-Rouge internationale, reste au point mort.
Face à cette impasse, la communauté internationale s’inquiète d’un enlisement durable. Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a rappelé aux belligérants leur obligation de protéger les civils et de respecter le droit international humanitaire. Mais sur le terrain, la logique de confrontation semble l’emporter sur celle de la paix, laissant la population civile payer le prix le plus lourd.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


