L’Ouganda franchit une étape historique dans sa lutte contre le changement climatique. Le pays a reçu une subvention de 31 millions de dollars (environ 108 milliards de shillings ougandais) du Fonds vert pour le climat (FVC), en reconnaissance de ses efforts tangibles pour réduire la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre. Annoncé lors de la 43ᵉ réunion du Conseil du FVC en Corée du Sud, ce financement basé sur les résultats (« results-based payment ») constitue une première pour un pays africain.
Selon Bob Natifu, Commissaire adjoint au ministère de l’Eau et de l’Environnement, « nous pratiquons l’agroécologie depuis des années… face au changement climatique, nous ne pouvons pas parler de réponse climatique sans intégrer pleinement l’agroécologie à nos pratiques ».
Les données officielles montrent que les actions menées entre 2016 et 2017 ont permis de réduire de plus de 8 millions de tonnes les émissions de CO₂ équivalent, grâce à la préservation et la restauration des forêts dans le cadre du programme REDD+, coordonné par la FAO et le gouvernement ougandais.
Kaveh Zahedi, Directeur du Bureau de la FAO sur les changements climatiques, souligne que « cette approbation est une grande réussite pour l’Ouganda et un signe d’espoir pour les investissements climatiques à travers le continent africain ».
Malgré ces avancées, le pays doit encore relever le défi de la déforestation : près de 90 % de la perte de couverture forestière est liée à l’expansion agricole, alors que l’Ouganda compte aujourd’hui environ 2,36 millions d’hectares de forêts naturelles.
Le pays se trouve donc à un tournant : entre récompense internationale et nécessité de protéger durablement ses forêts, l’Ouganda trace sa route vers un avenir plus vert.


