Suite à la note circulaire émise par le Préfet, également Secrétaire Général du département de Barh-Koh, interdisant les parades des initiés dans la ville de Sarh, je tiens à exprimer ma profonde préoccupation face à cette décision qui, à mon sens, mérite une réflexion plus nuancée.
En effet, les parades ou danses des initiés, organisées à la suite des rites d’initiation généralement tenus loin des centres urbains, sont loin d’être de simples démonstrations folkloriques. Elles constituent un élément central de notre patrimoine culturel, vecteur de transmission des valeurs, des savoirs et de notre identité communautaire. Ces manifestations ne causent ni troubles majeurs à l’ordre public, ni atteintes aux bonnes mœurs ; elles sont au contraire des occasions de communion, de cohésion sociale et de fierté culturelle.
Dans d’autres régions du pays – que ce soit au Moyen-Chari, dans le Mayo-Kebbi ou ailleurs – ces pratiques sont non seulement tolérées mais parfois encouragées, car elles participent activement à la valorisation de nos traditions. Pourquoi alors stigmatiser ce qui devrait être protégé ?
Plutôt qu’une interdiction pure et simple, il aurait été judicieux de proposer un encadrement clair de ces parades : fixer des horaires, des itinéraires, et des règles de conduite. Cela permettrait à la fois de respecter l’autorité de l’État et de préserver ce que nous avons de plus précieux : notre culture.
Ne l’oublions pas : la culture, c’est ce qui nous reste quand on a tout perdu. En la rejetant ou en l’interdisant sans discernement, nous creusons peu à peu le fossé entre les institutions et les populations, entre le passé et l’avenir. » M. Allafi Amadou NGANANSOU, PDG du groupe Média Espoir


