La capitale tchadienne est en ébullition depuis l’annonce de la fermeture définitive des hangars de chicha. Cette mesure, prise par le maire de N’Djamena à travers un communiqué officiel, suscite de nombreuses indignations parmi les propriétaires et les clients de ces établissements.
Selon le communiqué, les détenteurs des salons de chicha disposent d’un délai d’une semaine pour cesser toute activité. Pour les autorités municipales, ces lieux sont devenus de véritables repaires pour les adolescents et participent à la déviance de la jeunesse. Une justification qui ne convainc pas les concernés.
Lors d’un tour effectué ce lundi 28 juillet 2025 dans plusieurs salons de la capitale, la colère était palpable. « C’est une honte pour ce pays où les dirigeants ne cherchent pas à garantir l’avenir de la jeunesse, mais plutôt de les clouer au sol. Je demande au maire de revenir sur sa décision », s’indigne Mahamat Ahmat, propriétaire d’un hangar de chicha.
Pour beaucoup d’entre eux, cette décision brutale compromet leur survie économique. Hassaballah, un autre détenteur, regrette le court délai imposé : « Le délai est trop juste pour fermer mon salon et trouver une autre activité pour nourrir ma famille. »
Les habitués des salons de chicha, également affectés, pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une injustice. Certains estiment que si les chichas sont interdites, les bars et auberges devraient également être fermés.
« Je viens ici chaque soir après le boulot pour me détendre avec mes amis autour d’un chicha. Là, ils veulent nous enlever notre joie », déplore un client, scandalisé par la mesure.
Cette décision municipale, bien qu’ayant pour objectif de protéger la jeunesse, divise fortement l’opinion publique. Entre santé publique, sécurité des mineurs et liberté individuelle, le débat est loin d’être clos. Les prochains jours diront si la mairie maintiendra sa position ou cédera face à la grogne grandissante des propriétaires et usagers des hangars de chicha.


