En pleine capitale tchadienne, un phénomène devenu quasi quotidien suscite inquiétudes et interrogations : la divagation des animaux, notamment des bœufs, en pleine journée sur les grandes artères de la ville. Cette situation, souvent observée dans plusieurs quartiers, perturbe la circulation et expose les passants à des risques réels d’accident.
À l’origine, des éleveurs transhumants qui, sans se soucier de l’environnement urbain, guident leurs troupeaux à travers les ruelles de N’Djamena. Entre motos-taxis, piétons et véhicules, ces passages intempestifs créent un désordre quasi permanent, allant parfois jusqu’à provoquer des altercations avec les passagers et les commerçants installés au bord des routes.
Nombreux sont ceux qui s’interrogent : d’où viennent ces troupeaux et vers quelle destination se dirigent-ils ? L’absence de régulation claire et de zones de passage adaptées pour le bétail accentue ce problème, qui met en lumière le conflit persistant entre modes de vie traditionnels et exigences de la vie urbaine moderne.
Si le secteur pastoral demeure l’un des piliers de l’économie nationale la « deuxième mamelle » selon certains experts –, il est impératif que la cohabitation entre ce secteur vital et la dynamique urbaine se fasse dans le respect mutuel. Laisser les animaux errer en pleine journée dans une ville en pleine croissance n’est ni sûr ni durable.
Les autorités municipales, en collaboration avec les organisations pastorales, doivent réfléchir à des solutions concrètes : définir des horaires spécifiques de passage, créer des itinéraires alternatifs ou encore sensibiliser les éleveurs sur les risques qu’encourent leurs bêtes et les usagers de la route.
Il est aussi du devoir des éleveurs transhumants de s’adapter au contexte urbain. Une meilleure organisation de leur mouvement permettrait non seulement d’éviter les confrontations avec les passants et vendeurs, mais aussi de contribuer à une circulation plus fluide et sécurisée dans la capitale.
Le défi est grand, mais avec une volonté politique et une collaboration renforcée entre les parties prenantes, il est possible de concilier tradition pastorale et urbanisation, au bénéfice de tous.


