Depuis quelques années, la consommation de stupéfiants artisanaux gagne du terrain dans les quartiers de la capitale. Mais depuis deux ans, une menace particulièrement inquiétante a fait son apparition : le « Kourba ». Originaire du Nigeria, ce produit toxique s’est infiltré dans le quotidien des jeunes N’Djaménois, touchant désormais de plein fouet les milieux lycéens.
Le succès de cette substance repose sur un argument redoutable : son coût dérisoire. Malgré sa dangerosité notoire, l’accessibilité financière du « Kourba » favorise sa propagation rapide. On retrouve ces produits dans la rue, aux abords des marchés et, plus grave encore, à proximité immédiate des établissements scolaires, exposant des adolescents parfois très jeunes.
Fabriquée clandestinement et sans le moindre contrôle sanitaire, cette drogue artisanale est une véritable bombe à retardement pour l’organisme. Elle provoque de graves pathologies, des troubles mentaux irréversibles, une forte dépendance et peut conduire à la mort. Bien que les autorités aient interdit sa commercialisation, le produit continue de circuler via des réseaux de vente souterrains.
Au-delà de la santé physique, les conséquences sociales sont lourdes : tendance à des comportements violents, hausse de l’insécurité, déscolarisation précoce des jeunes consommateurs, ruptures familiales et conflits sociaux accrus.
Face à cette situation critique, la sensibilisation doit devenir une priorité absolue. L’implication des parents, des leaders communautaires et du corps enseignant est indispensable pour briser le silence. Parallèlement, une application stricte de la loi contre les trafiquants et la création d’opportunités socioprofessionnelles pour la jeunesse sont nécessaires.
La lutte contre ce fléau est une responsabilité partagée. En protégeant sa jeunesse contre le « Kourba », c’est l’avenir de N’Djaména et du Tchad tout entier que la société tente de préserver.


