La section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) pour la ville de N’Djamena a tenu ce jeudi 12 mars 2026, à l’école du Centre, un point de presse relatif aux suspensions de leurs salaires et appelle désormais à l’arbitrage des plus hautes autorités de l’État.
Pour le SET de N’Djamena, le ministère de l’Éducation outrepasse ses prérogatives. Le syndicat rappelle que ce ministère est un « ministère utilisateur et non employeur ». En conséquence, s’arroger le droit de suspendre ou de décaler les salaires des enseignants est perçu comme un excès de pouvoir intolérable, contraire aux conventions internationales, notamment la Convention n°87 sur la liberté syndicale ratifiée par le Tchad.
Le syndicat fustige l’usage de la loi 032 comme un instrument de répression sélectif. Cette loi semble ne s’appliquer qu’aux seuls pédagogues, alors que d’autres corps de métier (santé, justice, élevage) ne subissent pas les mêmes mesures de rétorsion lorsqu’ils entrent en grève. « Cette loi n’a pas été conçue pour être une arme de persécution contre les seuls pédagogues », martèle l’organisation.
Le SET s’attaque également à un argument souvent avancé par les autorités : celui de l’enseignant tchadien qui serait le mieux payé d’Afrique Centrale. Le syndicat qualifie cette affirmation de « contrevérité flagrante ». En comparant leur situation à celle de leurs collègues de la sous-région, notamment au Cameroun, les enseignants tchadiens décrivent une réalité marquée par la précarité et une cherté de vie sans précédent.
Le secrétaire général Abdelkader Djibia a clarifié la nature de son mouvement. Il ne s’agit ni d’une rébellion, ni d’une action politique, mais d’une quête de valorisation de la fonction enseignante. Le SET rappelle que cette valorisation est inscrite « en lettres d’or » dans le programme politique du Président de la République, notamment à travers les « 12 chantiers et 100 actions » sur lesquels il a été élu.
Devant l’échec du dialogue avec le ministère de tutelle, la section provinciale du SET de N’Djamena propose trois voies de sortie :
- L’arbitrage du Médiateur de la République pour restaurer la sérénité au sein du secteur éducatif.
- L’intervention du Premier Ministre afin d’accélérer les travaux de la commission interministérielle de négociations.
- L’appel au Maréchal du Tchad, en remettant solennellement son sort entre les mains de la plus haute autorité de l’État.
Le système éducatif reste suspendu à la réponse des autorités, alors que la base syndicale réclame le respect de ses droits fondamentaux et l’amélioration de ses conditions de vie.


