L’abondance des récoltes commence à se faire sentir dans les assiettes des N’Djaménois. Avec l’arrivée progressive du gingembre en provenance des différentes zones de production, les prix de ce condiment essentiel connaissent une baisse significative sur les marchés de la capitale.
Il y a encore deux ans, le grand sac se négociait jusqu’à 600 000 FCFA. Depuis ce mois de décembre, les tarifs ont été divisés par deux, le sac s’échangeant désormais autour de 300 000 FCFA. Cette tendance se répercute directement sur le « Coro », la mesure locale de référence : autrefois vendu entre 15 000 et 17 500 FCFA, il est aujourd’hui proposé entre 6 000 et 7 000 FCFA selon les points de vente.
Ce dimanche 28 décembre, dans les allées des marchés, le soulagement est palpable chez les ménagères. « Depuis quelques jours, le prix a vraiment chuté. Avec seulement 100 FCFA, on a désormais assez de gingembre pour la cuisine et les boissons », se réjouit une cliente rencontrée au Marché à Mil. Un contraste saisissant avec le mois de novembre dernier, où un seul morceau de gingembre pouvait coûter jusqu’à 500 FCFA. « C’était devenu un luxe. Comme c’est la période des récoltes, nous espérons même voir le Coro descendre à 5 000 FCFA d’ici le Ramadan », confie-t-elle avec espoir.
Du côté des commerçants, qu’ils soient grossistes ou vendeurs ambulants, on explique cette déflation par la multiplicité des sources d’approvisionnement.
Le produit provient actuellement du Nigeria, du Cameroun et du Soudan. « De nouveaux stocks arrivent massivement du Nigeria », glisse un vendeur ambulant. Un grossiste souligne également un changement structurel : « De plus en plus de producteurs locaux se sont lancés dans la culture du gingembre aux alentours, ce qui stabilise l’offre. »
Après des mois de pression sur le panier de la ménagère, cette baisse offre une véritable bouffée d’oxygène aux foyers tchadiens, qui espèrent que cette tendance s’étendra à d’autres produits de grande consommation.


