À N’Djaména, le panier de la ménagère reste sous pression. Que ce soit à Dembé, Al Affia, Diguel ou au Marché à Mil dans le 4ème arrondissement, le constat est identique : les légumes verts coûtent toujours cher. Si quelques clientes notent une légère augmentation de la taille des tas chez certains revendeurs, pour la majorité, le changement est imperceptible.
Mouloukhié, gombo (daraba), feuilles de manioc, épinards, oseille, boudou ou encore engago : les produits de base de la cuisine locale demeurent peu accessibles. « Pour une famille de six personnes, il faut débourser au moins 300 à 400 FCFA rien que pour le mouloukhié. Quant à l’épinard et l’oseille, les prix sont encore plus décourageants », confie une mère de famille rencontrée entre les étals.
Du côté des commerçantes, on justifie cette cherté par la provenance des produits. Au marché de Dembé, les vendeuses expliquent que les stocks actuels sont exclusivement issus des cultures maraîchères (jardins) et non des grandes récoltes de plein champ. « Nous achetons nos produits dans les jardins. Entre le prix d’achat élevé et les frais de transport, nous sommes obligées de réajuster nos tarifs pour dégager une petite marge », explique une vendeuse installée sur l’axe menant au rond-point du 10 octobre. Selon elle, il faudra attendre l’installation de la saison des pluies pour espérer une véritable abondance et une chute des prix.
En attendant cette période de soudure, l’inquiétude grandit chez les chefs de ménage. Mme Claire, croisée au marché de Dembé, ne cache pas son amertume : « Aujourd’hui, pour nourrir une famille de moins de dix personnes, je suis obligée de dépenser 500 FCFA uniquement pour le mouloukhié. » Un budget qui devient difficile à tenir pour de nombreux foyers n’djamenois.


