La flambée des prix de la viande sur les marchés de N’Djamena constitue aujourd’hui une préoccupation majeure pour de nombreux ménages. Devenue de plus en plus inaccessible, la viande est désormais perçue comme un produit de luxe, contraignant les consommateurs à se tourner vers des alternatives comme le poisson ou à réduire considérablement leur consommation.
Cette situation, qui perdure depuis plusieurs mois, s’explique par une combinaison de facteurs économiques et climatiques. Les éleveurs font face à une hausse significative de leurs coûts de production, notamment le prix du fourrage et du carburant, une situation aggravée par la sécheresse. À cela s’ajoute une offre locale insuffisante : malgré un fort potentiel pastoral, la taille du cheptel bovin peine à satisfaire la demande nationale, en raison de l’incertitude économique et des difficultés rencontrées par les éleveurs.
Par ailleurs, les exportations de bétail vivant et de viande vers l’extérieur du pays réduisent la disponibilité sur le marché local, exerçant une pression supplémentaire sur les prix intérieurs. Les dysfonctionnements au sein de la chaîne de distribution — notamment au niveau des aires d’abattage et du transport — entraînent également des coûts additionnels, qui se répercutent directement sur le prix final payé par le consommateur.
Face à cette cherté persistante, les habitudes alimentaires des populations de la capitale évoluent. De nombreux ménages réduisent la fréquence de consommation de viande ou optent pour de plus petites portions. D’autres recherchent des morceaux moins coûteux ou se tournent vers des vendeurs proposant des prix légèrement inférieurs.
Au marché de Dembé, situé dans le 7ᵉ arrondissement de la capitale, un détenteur de point de grillades témoigne des difficultés rencontrées :
« La cherté de la viande nous oblige à réduire la quantité servie aux clients. Avant, la cuisse de bœuf coûtait entre 20 000 et 30 000 FCFA, mais aujourd’hui les prix ont fortement augmenté. Nous ne pouvons pas augmenter le prix du plat, donc le seul moyen de garder un minimum de bénéfice est de diminuer la portion. Pour le mouton, n’en parlons même pas, c’est devenu trop cher. »
Cette hausse continue des prix de la viande impacte non seulement les consommateurs, mais aussi les petits commerçants et restaurateurs, contraints d’adapter leurs pratiques pour survivre dans un contexte économique de plus en plus difficile.


