Dans les rues animées de Ndjamena, loin des bureaux climatisés et des emplois formels tant convoités, une autre réalité se dessine : celle des jeunes diplômés sans emploi qui refusent de baisser les bras. Malgré un marché du travail exigu et des opportunités rares, ces jeunes font preuve d’une résilience admirable en embrassant des activités génératrices de revenus, souvent informelles, pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.
Ils sont vendeurs de vêtements de seconde main, chauffeurs de mototaxis, coiffeurs de rue, restaurateurs improvisés, ou encore réparateurs de téléphones portables. Derrière chaque activité, il y a un parcours marqué par des rêves d’avenir brisés par le chômage, mais aussi par une détermination sans faille. “J’ai un diplôme en gestion, mais après des années de recherche infructueuse, j’ai décidé de me lancer dans la vente des pochettes de téléphones. Ce n’est pas ce que j’avais imaginé, mais cela me permet de vivre dignement”, confie Issa, un jeune trentenaire rencontré au marché de Dembé.
Si ces jeunes font preuve d’ingéniosité, ils doivent aussi affronter de nombreux obstacles : l’absence de financement, le manque de reconnaissance de leur travail et une instabilité permanente due à l’informalité de leur activité.
Les autorités, bien que conscientes du problème, peinent à offrir des solutions adaptées. Pourtant, ces petits entrepreneurs contribuent largement à l’économie locale en créant de la valeur et en répondant aux besoins quotidiens de la population.
Malgré les difficultés, certains parviennent à transformer leur petite activité en une entreprise florissante. Grâce aux formations et aux initiatives locales de soutien à l’entrepreneuriat, des jeunes arrivent à structurer leur activité et à embaucher d’autres personnes. “Avec un peu de soutien, nous pourrions aller plus loin et employer davantage de jeunes en difficulté”, souligne Amina, qui a réussi à monter un atelier de couture après des années passées à vendre du tissu au bord de la route.
Ces parcours inspirants montrent qu’au-delà des obstacles, une jeunesse déterminée peut faire bouger les lignes.