À la suite du verdict rendu le 24 février 2025 par la Cour pénale internationale (CPI) en faveur des victimes du conflit en République centrafricaine (RCA), une mission conjointe de la CPI et de la CASHIDO (Coordination des Associations de la Société Civile et des Défenseurs des Droits de l’Homme) effectue actuellement une tournée de consultation dans la province du Moyen-Chari.
Ce 8 mars 2026, depuis Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, le président national de la CASHIDO, Mahamat Dingamdjibaye, a tenu un point de presse pour informer l’opinion nationale et internationale de l’avancée de la procédure concernant les réfugiés centrafricains et les retournés tchadiens affectés par cette guerre.
Forte de cette décision judiciaire, la délégation – composée d’avocats de la CPI et de cadres de la CASHIDO – s’est rendue sur le terrain, notamment dans les camps de réfugiés de Maïngaman, Belom, Sido Tchad et Moussoumba. L’objectif de ce déploiement était double : expliquer directement aux victimes les tenants et aboutissants du procès, et recueillir leurs attentes dans la perspective des futures réparations.
« Les échanges ont été très positifs », s’est réjoui Mahamat Dingamdjibaye. « Les avocats ont expliqué aux victimes le déroulement du procès et la manière dont la décision a été obtenue. Ils ont également été à leur écoute pour cerner leurs attentes en matière de réparations. Leurs préoccupations ont été dûment notées, et les avocats se sont dits satisfaits de ces discussions. »
Les conclusions issues de ces consultations seront prochainement transmises aux juges de la CPI afin d’orienter la suite de la procédure de réparation.
Tout en saluant l’appui des autorités tchadiennes dans la facilitation de cette mission, le président de la CASHIDO a exhorté les victimes à s’armer de patience, rappelant les délais inhérents à la justice internationale. « La CPI travaille avec beaucoup de rigueur, ce qui implique des procédures longues. Il a fallu près de cinq ans pour aboutir au verdict. Une nouvelle étape s’ouvre aujourd’hui avec les réparations. Cela prendra encore du temps, mais nous restons confiants quant au fait que justice sera rendue aux victimes », a-t-il conclu.

