À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la corruption, l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a organisé un déjeuner de presse, ce mardi 9 décembre 2025. Cette rencontre a réaffirmé l’engagement de l’institution dans la lutte contre un fléau qui affaiblit les institutions, freine le développement et érode la confiance des citoyens.
M. Ousmane Abderamane Djougourou, Contrôleur général de l’AILC, a lancé un appel à l’union autour du thème : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : assurer l’intégrité des hommes de demain ». Il a souligné le rôle clé de la jeunesse, majoritaire au Tchad, comme levier essentiel pour promouvoir l’intégrité et les valeurs citoyennes.
Créée par l’Ordonnance n°007/PR/2023 du 1er août 2023, l’AILC a pour mission la prévention, la détection et la répression de la corruption, ainsi que la promotion d’une gestion saine et transparente des ressources publiques. Depuis février 2025, l’Autorité a réalisé 37 missions d’audit et de contrôle, révélant d’importantes irrégularités : Redressements financiers : 910 969 736 354 FCFA, Montant récupéré et reversé au Trésor public : 120 662 868 826 FCFA, Véhicules importés frauduleusement récupérés : 31, Personnes mises en cause : 92 (50 suspendues, 38 poursuivies en justice, 6 condamnées).
Pour impliquer les citoyens, l’AILC a mis en place plusieurs mécanismes de signalement : un numéro vert gratuit (1222) accessible via MOOV et AIRTEL, un site web interactif pour les dénonciations anonymes et un bureau de réception des plaintes physiques.
Le Contrôleur général a rappelé les axes stratégiques de la lutte contre la corruption : Promotion de la transparence dans la gestion des ressources publiques, Renforcement des systèmes de contrôle interne et externe, Protection des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation, Coopération internationale et alignement aux standards mondiaux.
Cependant, la culture de l’impunité demeure un défi majeur. M. Djougourou a averti : « Tant que la loi reste sélective, la corruption demeure perçue comme une activité rentable. » L’AILC s’engage à appliquer les lois de la République à tous, sans distinction de rang ou de statut.
Pour 2026, l’Autorité prévoit plusieurs actions prioritaires : Respect strict des textes régissant les concours, recrutements et marchés publics, Poursuite de la digitalisation de l’administration publique, Promotion d’une gestion transparente et responsable des ressources nationales, Réalisation d’une évaluation nationale des risques de corruption.
Le Tchad, en tant qu’État partie à la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC), est soumis à un examen par l’ONUDC. Une mission d’évaluation de la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine est également prévue en février 2026, sous l’égide du Conseil consultatif de l’Union africaine.
L’AILC considère cette lutte comme un combat national impliquant tous les citoyens, convaincue que la corruption est « la racine de tous les maux » freinant l’accès équitable aux opportunités et brisant les rêves des Tchadiens.


