Le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a vivement condamné les récentes menaces proférées par le général Yasir Al-Atta, haut commandant des Forces armées soudanaises (SAF), contre le Soudan du Sud.
Dans un communiqué officiel publié ce lundi, Juba a qualifié ces déclarations d’« imprudentes et provocatrices », dénonçant une violation flagrante du droit international et des principes de bon voisinage entre les deux pays.
Des menaces qui menacent la stabilité régionale
Les propos du général Al-Atta, tenus le 23 mars 2025, font état d’une possible intervention militaire contre ce qu’il considère comme des « traîtres » au sein du Soudan du Sud. Pour Juba, une telle rhétorique alimente les tensions et menace la stabilité déjà fragile de la région.
« Ces déclarations ne sont pas seulement une provocation dangereuse, elles constituent également une atteinte aux principes fondamentaux de coexistence pacifique et aux normes du droit international », a martelé le ministère sud-soudanais.
Un appel au calme et à l’intervention internationale
Réaffirmant son engagement en faveur de la paix et de la stabilité régionales, le gouvernement sud-soudanais a appelé Khartoum à faire preuve de retenue et à privilégier la voie diplomatique.
Juba a également sollicité une intervention urgente des instances régionales et internationales, notamment l’Union africaine (UA) et les Nations Unies (ONU), afin de prévenir toute escalade susceptible de dégénérer en conflit ouvert.
« Le Soudan du Sud demeure fermement attaché aux solutions pacifiques et au dialogue diplomatique pour résoudre les différends. Nous exhortons nos voisins soudanais à faire de même, dans l’intérêt de nos peuples et de la région », a insisté le ministère.
Un contexte de tensions aggravées par la crise humanitaire
Cette montée des tensions survient alors que le conflit interne au Soudan a déjà provoqué le déplacement de milliers de civils, dont un grand nombre ont trouvé refuge au Sud-Soudan.
Face à cette situation critique, Juba a une nouvelle fois appelé les factions soudanaises à privilégier la paix plutôt que la confrontation, insistant sur l’urgence d’une solution politique au conflit.
« Le gouvernement du Sud-Soudan prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son intégrité territoriale et assurer la sécurité de ses citoyens. Bien que nous privilégions la diplomatie, nous restons prêts à nous défendre contre toute agression », a averti le ministère.
Un avertissement aux acteurs régionaux
La position du Soudan du Sud met en évidence la fragilité de la situation sécuritaire et l’urgence d’un dialogue entre les parties prenantes. Une escalade militaire entre les deux voisins pourrait avoir des conséquences dévastatrices, non seulement pour les pays impliqués, mais pour toute la région.
Dans ce climat de tensions, la communauté internationale est appelée à jouer un rôle déterminant pour éviter une nouvelle flambée de violence dans la Corne de l’Afrique.