Au Tchad, la question des stages professionnels suscite un débat passionné. Pour de nombreux étudiants et jeunes diplômés, obtenir un stage ne repose pas uniquement sur les compétences, mais souvent sur des liens familiaux ou la proximité avec certaines personnalités influentes. Cette réalité engendre frustrations et remet en question l’égalité des chances, un principe pourtant fondamental dans un pays où la jeunesse constitue la majorité de la population.
Idéalement, le stage devrait être une étape pédagogique essentielle, permettant de faire le lien entre théorie et pratique. C’est une occasion pour l’étudiant d’acquérir une expérience concrète, de se familiariser avec le monde du travail et d’enrichir son parcours académique et professionnel. Ainsi, l’accès aux stages devrait s’appuyer sur les compétences, la motivation et la capacité d’adaptation du candidat à un environnement professionnel.
Cependant, la réalité diffère souvent. Dans de nombreuses institutions, qu’elles soient publiques ou privées, certains jeunes n’obtiennent un stage que grâce à leur nom de famille ou à des relations privilégiées. Ceux qui n’ont ni contacts ni soutien se retrouvent souvent écartés, malgré leurs efforts et leur mérite. Ce favoritisme engendre un sentiment d’injustice et peut démoraliser des étudiants talentueux, privés des « bons réseaux ».
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Cette pratique a des répercussions sur la qualité même de la formation professionnelle. Lorsque le stage devient un privilège réservé à quelques-uns, il perd sa fonction d’outil pédagogique inclusif. De plus, elle perpétue un système où le « piston » remplace le mérite, érodant la confiance des jeunes envers les institutions et limitant les perspectives d’une société plus équitable.
Néanmoins, certaines structures au Tchad respectent encore des critères de mérite et ouvrent leurs portes aux jeunes motivés, sans distinction de relations. Ces exemples illustrent qu’un autre modèle est possible, fondé sur la transparence et l’égalité des chances. Les réformes dans le domaine de l’éducation et de l’emploi devraient encourager cette approche pour restaurer la confiance des étudiants.
En somme, si le stage au Tchad est parfois perçu comme une affaire de famille ou de relations, il demeure des espaces où le mérite prévaut. La clé réside dans l’instauration de politiques claires, équitables et transparentes, permettant à chaque jeune d’accéder à une formation pratique en fonction de ses compétences, et non de son carnet d’adresses.


