La Haute autorité de la communication (HAC) reproche à ces médias, qui ne sont plus accessibles au Mali depuis le 13 novembre et « jusqu’à nouvel ordre », des « affirmations non vérifiées et des contrevérités » relatives aux jihadistes dans le pays.
La Haute autorité de la communication du Mali (HAC) a suspendu les chaînes françaises LCI et TF1, leur reprochant « des affirmations non vérifiées et des contrevérités » relatives aux jihadistes dans le pays, selon une décision consultée vendredi 14 novembre par l’AFP. « Les services des télévisions LCI et TF1 sont retirés des bouquets de tous les distributeurs de service de radiodiffusion sonore ou télévisuelle au Mali, jusqu’à nouvel ordre, à compter de la date de signature de la présente décision » de la HAC, datée du 13 novembre.
LCI et TF1 ne sont plus accessibles au Mali depuis jeudi soir, a constaté un journaliste de l’AFP. Le Mali dirigé par un régime militaire à la suite de putschs entre 2020 et 2022, a pris des mesures répressives contre la presse, suspendu l’accès ou la diffusion de plusieurs médias notamment étrangers et réduit au silence ou emprisonné des journalistes et autres voix critiques. Les correspondants d’un certain nombre de médias étrangers ont été contraints au départ, à l’exil ou au silence faute d’autorisation de travailler.
Selon la HAC, la chaîne LCI a diffusé une « séquence de 12,24 mn extraite de l’émission Grand Dossier le dimanche 9 novembre 2025 à 13 heures, structurée en deux volets : « Mali, les jihadistes aux portes de Bamako » et « Mali, le nouveau fief d’Al-Qaïda ». Cette séquence a été « reprise par TF1 sur sa page web » le même jour, selon la HAC.
France 2, TV5 Monde, France 24, RFI…
Or, selon le régulateur des médias au Mali, elle comporte « des affirmations non vérifiées et des contrevérités » relatives notamment aux allégations selon lesquelles « la junte a interdit la vente du carburant » ou « désormais, les terroristes sont donc proches de faire tomber la capitale », Bamako.
Il estime que ces affirmations, qu’il incrimine, sont « en violation flagrante du code de déontologie du journaliste au Mali, qui lui impose de se tenir au respect de la vérité ». La séquence mise en cause présente « un registre alarmiste qui prédit un ‘effondrement imminent de l’État malien’, toutes choses qui provoquent la panique ou la défiance envers les institutions et [nuisent] à la cohésion sociale », argue la HAC.
LCI avait été suspendue fin août 2024 « pour des violations similaires » aux nouvelles incriminations, ce qui constitue, selon la HAC, une « circonstance aggravante ». La chaîne publique française France 2 avait aussi été suspendue temporairement en 2024. Ces deux suspensions ont été levées depuis.
Et la chaîne généraliste francophone TV5 Monde a été suspendue mi-mai « jusqu’à nouvel ordre » après que les militaires lui ont reproché un manque d’impartialité sur une manifestation de l’opposition. Elle avait déjà été suspendue pour trois mois par la junte en 2024. Plusieurs médias français comme France 24 et Radio France internationale (RFI), très suivis au Mali, ont été suspendus de manière permanente.
Avec AFP


