La Guinée franchit une étape charnière de son histoire politique. Ce 28 décembre 2025, le général Mamadi Doumbouya, chef de la transition, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle dès le premier tour. Avec un score de 86,72 %, les résultats officiels consacrent une domination totale sur l’échiquier national, au terme d’un scrutin dont l’issue semblait, pour beaucoup, prévisible.
Cette victoire intervient dans un climat politique singulier. Porté au pouvoir par le coup d’État de septembre 2021, le général Doumbouya s’était initialement engagé à ne pas briguer la magistrature suprême et à restituer le pouvoir aux civils. Sa candidature, puis son élection massive, marquent un tournant qui suscite autant d’adhésion chez ses partisans que d’inquiétudes au sein d’une partie de la société civile quant à la pérennité du processus démocratique.
Face à cette déferlante, l’opposition apparaît fragmentée et affaiblie. Abdoulaye Yéro Baldé, leader du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive en deuxième position mais reste marginalisé avec seulement 6,59 % des voix. En dépit de l’absence des figures historiques de l’opposition et des critiques sur le caractère inclusif de la course, les autorités électorales saluent une ferveur populaire.
Selon la présidente de la Direction générale des élections, Djénabou Touré, le taux de participation s’élèverait à 80,95 %. Un chiffre record qui, pour le pouvoir en place, valide la légitimité du nouveau président élu, alors que la Guinée entame désormais une nouvelle ère sous l’uniforme, désormais troqué contre le costume civil.


