Six semaines après le basculement politique né de la crise post-électorale, les autorités de transition durcissent le ton. Le Haut Commandement militaire, instance dirigeante du pays, a annoncé vendredi l’interdiction formelle de toute conférence de presse ou déclaration publique n’ayant pas reçu d’autorisation préalable.
Dans un communiqué officiel, les autorités justifient cette restriction par l’impératif de préserver « l’ordre public, la paix et la cohésion sociale ». Le pouvoir de transition pointe du doigt les agissements de « certains individus et groupes, notamment des acteurs politiques », les accusant d’orchestrer des réunions clandestines visant à inciter à la violence et à la désobéissance envers la charte de transition adoptée début décembre.
L’avertissement se veut ferme : toute personne ou entité contestant le nouvel ordre établi s’exposera aux sanctions prévues par la loi. Les autorités affirment agir pour prévenir toute menace contre la stabilité nationale dans un contexte politique jugé extrêmement volatil.
Cette mesure intervient dans un climat de forte incertitude. Depuis la destitution du président Umaro Sissoco Embaló le 26 novembre dernier et l’arrêt du processus électoral, le pays vit au rythme des tensions. Si le pouvoir en place invoque des risques de déstabilisation liés à des réseaux criminels, de nombreux observateurs et acteurs de l’opposition voient dans ce verrouillage une volonté de restreindre l’espace politique après des scrutins contestés.


