La chaîne qatarie Al Jazeera a annoncé, dimanche 10 août 2025, la mort de cinq membres de son équipe dans la bande de Gaza, touchés lors d’une frappe israélienne. Parmi eux figurait Anas al-Sharif, figure bien connue de ses téléspectateurs, que l’armée israélienne a reconnu avoir visé, le qualifiant de « membre du Hamas » opérant sous couverture journalistique.
Selon Al Jazeera, l’attaque, qualifiée de « ciblée », a frappé une tente utilisée par ses équipes devant l’hôpital al-Chifa, à Gaza-ville. Ont également péri les correspondants Mohammed Qreiqeh et Anas al-Sharif, ainsi que les cameramen Ibrahim Zaher, Mohammed Noufal et Moamen Aliwa. D’après Reporters sans frontières, près de 200 journalistes ont été tués depuis le déclenchement de la guerre, en représailles à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Âgé de 28 ans, Anas al-Sharif documentait quotidiennement le conflit. L’armée israélienne affirme qu’il dirigeait une cellule armée du Hamas chargée de préparer des tirs de roquettes, tout en se présentant comme reporter. Dans ses derniers messages publiés sur X, il relatait des bombardements intenses sur Gaza et partageait une vidéo montrant les frappes.
Un texte rédigé en avril par al-Sharif, en prévision de sa mort, a été diffusé après son décès, appelant à « ne pas oublier Gaza ».
En mai 2024, Israël avait interdit la diffusion d’Al Jazeera sur son territoire et ordonné la fermeture de ses bureaux, accusant certains de ses journalistes à Gaza d’être liés au Hamas. L’accès des médias étrangers au territoire reste extrêmement limité, seuls quelques reporters pouvant y entrer sous escorte militaire israélienne, avec un contenu soumis à censure.


