Un forum national s’est tenu, le Jeudi 6 février 2025, à Bujumbura pour discuter des droits fonciers des groupes vulnérables. Organisé par la Confédération des associations des producteurs agricoles pour le développement (CAPAD) en collaboration avec l’association Uniproba et soutenu par Welt Hunger Hilfe et l’International Land Coalition, cet événement a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les Batwa et les femmes en matière de sécurisation foncière et d’accès équitable à la terre.
Un cri pour les terres : la voix des Batwa
Emmanuel Nengo, représentant légal d’Uniproba, a pris la parole pour défendre les droits des Batwa, un groupe historiquement marginalisé. Il a souligné l’urgence d’une loi spécifique pour garantir à cette communauté l’accès à la terre. « Sans cela, la vision 2040-2060 restera un rêve inaccessible pour les Batwa », a-t-il déclaré. Ce dernier a également déploré le manque de connaissances des Batwa sur les procédures d’acquisition et de sécurisation des terres, ajoutant que même ceux ayant reçu des terres n’ont souvent pas obtenu de documents légaux.
Des avancées, mais des défis persistants pour les femmes
Me Aline Niyomwungere, praticienne du droit foncier, a rappelé que des progrès ont été réalisés, comme la gestion foncière décentralisée et la reconnaissance des femmes dans les certificats fonciers. Cependant, elle a souligné les obstacles structurels liés à l’héritage et à l’accès des femmes à la terre dans une société patriarcale. « Sans une loi sur les successions et les régimes matrimoniaux, les filles et les femmes resteront marginalisées », a-t-elle averti.
Vers une gouvernance foncière durable
Gilbert Nyandwi, président de la CAPAD, a insisté sur la nécessité de sensibiliser les agriculteurs, notamment les femmes, à enregistrer leurs propriétés. « Les certificats fonciers sont essentiels pour sécuriser leurs droits », a-t-il affirmé. Les participants ont unanimement plaidé pour des politiques foncières renforcées, essentielles pour promouvoir une gouvernance durable et équitable au Burundi.
Ce forum marque une étape clé pour la reconnaissance des droits fonciers des groupes vulnérables, tout en appelant à des actions concrètes pour une stabilité à long terme.
Yenga Fazili wã BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale