La diplomatie tchadienne, sous la 5ᵉ République, traverse une période marquée par des revers notables sur la scène internationale. Les échecs successifs, tels que la candidature infructueuse du Tchad à la tête de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), illustrent une perte d’influence et les limites d’une politique étrangère souvent perçue comme réactive plutôt que stratégique.
Les difficultés diplomatiques du Tchad sont indissociables de ses fragilités internes. Ces turbulences ont terni l’image du pays et entamé sa crédibilité auprès de ses partenaires. Les tensions diplomatiques récentes, matérialisées par l’expulsion d’ambassadeurs et des frictions avec des alliés traditionnels comme la France et l’Allemagne, témoignent d’une diplomatie davantage tournée vers la gestion de crises immédiates que vers la construction de partenariats durables.
L’un des revers les plus marquants reste la non-élection du candidat tchadien Abbas Mahamat Tolli à la présidence de la BAD. Cet échec révèle à la fois une incapacité à fédérer un consensus au sein de la CEMAC et un déficit de stratégie de lobbying efficace.
À l’ASECNA, les candidatures multiples et les dissensions internes ont fragilisé la position du Tchad, exposant des divisions qui limitent son influence, même sur des dossiers stratégiques où il dispose d’intérêts vitaux.
Ces revers ne traduisent pas une absence de potentiel, mais soulignent les faiblesses structurelles de l’appareil diplomatique tchadien. Pour redresser la situation, plusieurs leviers s’imposent :
- Renforcer les compétences diplomatiques par la formation et la spécialisation des cadres.
- Construire des partenariats stratégiques durables, notamment à l’échelle régionale et africaine.
- Arrimer la diplomatie au développement, en valorisant les atouts économiques et sociaux du pays.
- Promouvoir la gouvernance et la transparence, afin de restaurer la confiance et la crédibilité à l’international.
Face aux défis actuels, le Tchad se trouve à un tournant. La diplomatie ne peut plus être uniquement le prolongement des intérêts immédiats du pouvoir, mais doit devenir un véritable instrument au service de la nation. Les revers à la BAD et à l’ASECNA doivent être perçus comme des signaux d’alerte et une opportunité de refondation.
Le Tchad, par sa position géostratégique et son rôle sécuritaire en Afrique centrale et sahélienne, dispose encore d’un potentiel considérable pour jouer un rôle constructif. Mais cette ambition ne pourra se concrétiser qu’en surmontant ses fragilités internes et en adoptant une approche plus cohérente, proactive et stratégique de sa politique étrangère.


