Une délégation gouvernementale a récemment parcouru plusieurs prisons burundaises, notamment la centrale de Gitega, pour examiner les dossiers des détenus, y compris des putschistes et des condamnés pour atteinte à la sécurité de l’État.
Selon des témoignages recueillis par nos confrères de SOS Médias Burundi, les membres de la commission ont passé plusieurs jours à rencontrer individuellement les prisonniers et à analyser des affaires sensibles, comme l’assassinat de l’ancien patron du renseignement Adolphe Nshimirimana en 2015 et la tentative d’assassinat du général Prime Niyongabo le mois suivant.
Les détenus impliqués dans des affaires politiques ou considérés comme prisonniers d’opinion ont également vu leurs dossiers examinés, certains espérant un allègement de peine ou une libération. Chaque fin d’année, le président Évariste Ndayishimiye peut exercer son droit de grâce, et plusieurs observateurs voient dans cette démarche une possible mesure d’apaisement politique, alors que le pays est sous surveillance pour ses restrictions des libertés publiques.
Dans un contexte où les prisons burundaises accueillent plus de 12 000 détenus pour une capacité théorique de 4 294 places, la surcharge extrême accentue maladies et tensions. Pour beaucoup de prisonniers rencontrés, cette révision des dossiers pourrait représenter un tournant symbolique ou concret.
« Nous espérons que cette fois quelque chose va changer », confie un prisonnier politique, laissant entrevoir une lueur d’espoir au cœur d’un système carcéral débordé et d’une atmosphère politique tendue.


