Depuis samedi dernier, le Burundi fait face à une arrivée exceptionnelle de réfugiés en provenance de l’est de la République démocratique du Congo, fuyant la recrudescence des violences armées. Selon l’Office national pour la protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), 20 001 personnes ont déjà été enregistrées, un chiffre largement en deçà de la réalité, au regard des arrivées continues dans des zones encore non couvertes.
« Le nombre réel est bien supérieur à nos chiffres officiels », alerte Richard Uwimana, coordinateur de l’ONPRA.À Gatumba, localité frontalière située à quelques kilomètres d’Uvira – tombée aux mains du M23 dans la nuit du 9 décembre – un centre d’accueil d’urgence a été improvisé dans un camp de la Police nationale du Burundi.
Les réfugiés, majoritairement des familles, mais aussi des éléments des FARDC et des miliciens Wazalendo mêlés aux civils, y vivent dans des conditions extrêmement précaires : pénurie alimentaire, accès limité aux soins, abris rudimentaires et risques sanitaires élevés. Malgré tout, nombre d’entre eux saluent l’hospitalité burundaise.Cette crise humanitaire s’inscrit dans un contexte régional explosif.
La chute d’Uvira, aux portes de Bujumbura, illustre la persistance de l’instabilité dans l’est de la RDC, théâtre de conflits armés depuis plus de trois décennies. Tandis que Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23 et que le Rwanda dénonce l’appui aux FDLR, le Burundi se retrouve en première ligne, confronté aux conséquences humaines directes de cette guerre diffuse.
Les organisations humanitaires appellent désormais à une mobilisation urgente de la communauté internationale, alors que les besoins ne cessent de croître.


