Une soirée familiale a tourné au drame dans la colline Gasenyi, en zone Buganda, commune Bukinanyana, province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi. Le chef de famille, Ismaël Havyarimana, âgé de 72 ans, et l’un de ses petits-enfants ont perdu la vie dans une attaque à la grenade survenue dans la nuit du 13 au 14 octobre. Deux autres membres de la famille ont été grièvement blessés.
Selon des sources administratives locales, l’explosion s’est produite aux alentours de 19 heures alors que la famille se reposait à l’extérieur de la maison. Ismaël Havyarimana est mort sur le coup, tandis que son épouse, Éméliane Ndagijimana, 60 ans, et deux petits-enfants ont été évacués d’urgence vers un hôpital de Bujumbura. L’un des enfants n’a pas survécu en chemin.
Le chef de la zone Buganda, Evariste Ntahiraja, estime qu’il pourrait s’agir d’un assassinat prémédité lié à un conflit foncier. « Le défunt était en litige avec des proches au sujet d’un terrain et avait déjà échappé à trois tentatives d’assassinat », a-t-il déclaré. Selon lui, Havyarimana était également accusé de pratiques de sorcellerie, une accusation souvent utilisée pour justifier la violence dans ce type de conflit.
Les autorités locales ont annoncé que les enquêtes étaient en cours pour identifier les auteurs de l’attaque. L’administrateur communal de Bukinanyana a assuré que « les services de sécurité sont déjà à pied d’œuvre et que la lumière sera faite sur cette affaire ».
La communauté vit dans la peur et la tension. Des habitants ont affirmé avoir aperçu, deux jours avant l’attaque, des hommes armés rôder autour de la propriété de la victime. Pour apaiser les esprits et éviter toute représaille, une réunion d’urgence sera organisée.
Ismaël Havyarimana laisse derrière lui une veuve, huit enfants et plusieurs petits-enfants. Sa disparition tragique souligne la persistance des conflits fonciers aggravés par les accusations de sorcellerie, qui continuent de semer la mort et la division dans les collines du Burundi.


