Cinq élèves d’écoles secondaires du centre urbain de Rumonge ont été définitivement renvoyés le jeudi dernier après avoir été accusés par le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique d’avoir participé à la fuite de questionnaires d’examens du deuxième trimestre.
Les élèves sanctionnés sont Bénie Dauphine Dushime, Cynthia Niyogushima, Ange Policée Ingabire, Emeryne Igaraneza et Elie Bukeyeneza. Selon l’enquête ministérielle, Bénie Dauphine Dushime aurait obtenu les questionnaires, qu’elle aurait ensuite transmis à Cynthia Niyogushima et à Ange Policée Ingabire, avant qu’ils ne soient partagés avec Elie Bukeyeneza. Le ministère a qualifié ces actes de fraude grave, justifiant ainsi leur renvoi définitif. Une mesure d’assouplissement leur permet toutefois de s’inscrire dans un autre établissement pour reprendre la même année scolaire.
La décision a suscité une vive controverse parmi les parents, qui dénoncent une sanction « injuste et déséquilibrée ». Selon eux, le véritable responsable de la fuite, Alfred Karisabiye, directeur de l’École fondamentale Kivumya, aurait transmis les questionnaires à certains élèves lors de cours du soir, mais reste étrangement absent de la sanction ministérielle. Des familles évoquent même une protection liée à son appartenance présumée au parti au pouvoir.
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Le ministère n’a fait aucune mention du directeur, alimentant les accusations d’impunité sélective. Bien que des sources locales indiquent qu’Alfred Karisabiye ait été suspendu au début de l’enquête, aucune procédure judiciaire n’a encore été engagée à son encontre.
Cette affaire soulève des questions sur l’équité et la responsabilité dans le système éducatif burundais, et met en lumière le sentiment d’injustice ressenti par de nombreux habitants de Rumonge.


