Le 5ᵉ colloque international de l’École nationale d’administration (ENA), organisé du 29 au 30 octobre 2026 autour du thème « Le développement endogène des États d’Afrique », s’est achevé ce vendredi à N’Djamena. Présidée par le directeur général de l’institution, Dr Mahamat Borgou Hassan, la cérémonie de clôture a couronné deux jours d’échanges croisés entre universitaires et experts sur les leviers d’un progrès fondé sur les capacités propres au continent et sur les perspectives de coopération régionale.
Présentant le rapport de synthèse, Pr Begni Bagagna, agrégé de droit à l’Université de Douala, a souligné la complexité du thème et ses multiples ramifications juridiques, économiques, sociologiques et sécuritaires. Les discussions ont mis en évidence l’impératif d’une prise de conscience collective, soulignant que les trajectoires de croissance doivent s’appuyer sur des politiques adaptées aux contextes nationaux ainsi que sur une action publique structurée et durable.
Parmi les principales pistes formulées figurent le renforcement institutionnel par l’amélioration des textes juridiques, une meilleure gestion du foncier, l’accès équitable aux services sociaux de base et la mobilisation de financements internes. Les participants ont souligné la nécessité de lier protection de l’environnement, politiques d’investissement et valorisation du patrimoine culturel et touristique afin de garantir une croissance harmonieuse.
Insistant sur les conditions de réussite, le rapporteur a rappelé que la sécurité demeure un préalable indispensable et que la responsabilité du développement incombe d’abord aux Africains eux-mêmes. Il a ainsi appelé l’ensemble des gouvernants et des citoyens à consolider les capacités locales, à coordonner les politiques publiques et à transformer les recommandations en actions concrètes.
S’exprimant au nom des intervenants, Pr Mouhamadou Moustapha Aidara a salué la pérennité de ce rendez-vous intellectuel et la capacité de l’ENA du Tchad à réunir des spécialistes autour des grands défis continentaux, qualifiant l’événement de véritable laboratoire d’idées.
De son côté, le maire de N’Djaména, Senoussi Hassana Abdoulaye, a souligné l’utilité pratique que doivent revêtir de telles rencontres scientifiques, tout en invitant les élèves de l’ENA à cultiver curiosité et sens des responsabilités. Les différents panels ont successivement abordé les indicateurs du développement, la gouvernance, l’État de droit, l’intégration sous-régionale ainsi que les questions de défense.
En clôturant les travaux, Dr Mahamat Borgou Hassan a insisté sur des enjeux d’avenir tels que la décentralisation, l’industrialisation durable et l’usage encadré de l’intelligence artificielle, avant de remercier les délégations et d’annoncer la tenue d’une sixième édition.
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