En cette fin d’année à N’Djamena comme dans plusieurs provinces du Tchad, un constat amer et douloureux s’impose dans le quotidien des familles, la jeunesse se meurt à petit feu. Récemment, les avis de décès se succèdent sur les réseaux sociaux et dans les quartiers, frappant quasi exclusivement des jeunes filles et garçons fauchés en pleine force de l’âge. Une hécatombe silencieuse qui suscite une vive émotion, mais surtout une vague d’interrogations poignantes au sein de la société , pourquoi tant de vies prometteuses s’éteignent-elles si tôt ? Est-ce la fatalité de la fin d’année, la défaillance des infrastructures ou la responsabilité directe d’une jeunesse en perte de repères ?Sur le terrain des réalités tchadiennes, les causes de ce drame collectif sont multiples et souvent imbriquées.
À l’approche des fêtes et en cette période de fin d’année, la consommation excessive d’alcool notamment des alcools frelatés et des boissons artisanales bon marché atteint des pics inquiétants chez les jeunes. Cette prise de risque au volant d’engins à deux roues ou de véhicules débouche inévitablement sur une hausse spectaculaire des accidents de la circulation sur des axes routiers souvent peu éclairés et dégradés. La conduite à vive allure, l’inattention et le non-port du casque transforment ainsi les soirées de festivité en drames irréparables.Au-delà de l’imprudence et de la recherche du plaisir immédiat, les défaillances sanitaires structurelles pèsent lourdement dans cette balance tragique. De nombreux jeunes succombent à des pathologies pourtant curables ou à des urgences médicales tardivement prises en charge : complications liées au paludisme sévère, infections foudroyantes, ou encore la consommation de substances toxiques et de produits dépigmentants nocifs qui détruisent silencieusement les organes vitaux. Faute de culture du bilan de santé régulier et face au coût parfois prohibitif des soins, le diagnostic tombe souvent trop tard.La fin d’année ne devrait pas être une saison de deuil national pour les familles tchadiennes.
Si l’État et les municipalités doivent impérativement renforcer la sécurité routière, le contrôle des boissons frelatées et l’accès aux urgences médicales, la réponse exige aussi un sursaut individuel et communautaire. Prise de conscience face à l’alcool, prudence sur les routes et préservation de la santé , il est plus que jamais urgent de protéger cette jeunesse qui constitue le bras armé et l’avenir du Tchad.


