À des milliers de kilomètres des frontières qu’elle défend, la voix du Tchad a résonné avec force ce 14 octobre 2026 dans l’enceinte genevoise du HCR. En marge de la 77ᵉ session du Comité exécutif, la ministre de l’Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, Zara Mahamat Issa, est montée au créneau pour exiger un changement de paradigme face à une crise humanitaire qui asphyxie le pays.
Loin de se résigner à la gestion perpétuelle de l’urgence, la ministre a plaidé pour des solutions de fond. Son objectif , offrir enfin aux réfugiés, aux retournés et aux communautés qui les accueillent une véritable autonomie et des conditions de vie dignes.Pour y parvenir, le Tchad, figurant parmi les cinq pays prioritaires de l’alliance HCR-Banque mondiale, mise sur son plan quinquennal et l’établissement d’une feuille de route conjointe.
Mais derrière la diplomatie des grands chantiers qui incluent la loi sur l’asile, l’enrôlement biométrique et la transition vers une coordination étatique dès janvier 2027 la réalité du terrain impose une urgence absolue. À Adré et Tiné, les arrivées quotidiennes dépassent les 400 personnes depuis la mi-septembre, tandis que plus de 190 000 réfugiés attendent toujours d’être éloignés des zones frontalières. Dans cette course contre la montre où seules quatre personnes sur dix reçoivent de l’aide, le gouvernement tente de combler les vides, doublant notamment le budget alimentaire de l’ONASA à 30 milliards de FCFA.
En invitant le Haut-Commissaire Barham Salih à N’Djaména et en réclamant le maintien des engagements budgétaires pour 2027, le message de Genève est clair , les portes du Tchad restent ouvertes, mais la solidarité internationale doit impérativement passer des promesses aux actes.


