L’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) affirme que plusieurs de ses cadres ont été violemment interpellés par les services de renseignement en pleine mission de vérification financière. L’AILC a rendu public, dans son communiqué n°003/AILC/2026, un incident survenu lors d’une mission d’audit menée au sein de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT).
Selon l’organe de contrôle, cette intervention, engagée le 1er juillet 2026 en vertu de l’ordre de mission n° 027/PR/AILC/CAB/2026, visait à vérifier la gestion financière, matérielle et humaine de l’entreprise publique de 2024 à nos jours.
Dans son document, l’institution rapporte que ses vérificateurs ont d’abord heurté un refus de communication de pièces jugées essentielles pour analyser la commercialisation du pétrole brut, notamment des factures de vente adressées à la firme Glencore. L’AILC indique qu’après un rappel des obligations légales auprès de la direction commerciale et des échanges portant sur les décrets régissant ses prérogatives, la direction de la SHT a finalement accepté d’imprimer et de remettre les documents demandés contre décharge.
L’Autorité soutient que la situation a basculé au moment de cette remise de documents. Selon le texte du communiqué, le directeur général de l’Agence nationale de sécurité de l’État (ANSE), accompagné d’agents armés et cagoulés, est intervenu dans les locaux de la SHT pour procéder à l’arrestation de l’équipe de contrôle. L’AILC affirme que la Contrôleur générale adjointe, le Directeur général des investigations, ainsi que plusieurs contrôleurs et assistants ont été menottés, encagoulés et emmenés dans les locaux de l’ANSE, où ils auraient été retenus plusieurs heures. L’institution fait également état de la confiscation de matériels informatiques et de téléphones, tout en signalant une tentative d’intrusion parallèle au siège de son administration.
Face à ces événements, l’AILC condamne ce qu’elle qualifie d’entraves graves et de violation de l’indépendance garantie par son statut. Dans sa communication, l’organe rappelle les dispositions juridiques qui accordent l’immunité à ses agents dans l’exercice de leurs fonctions et réaffirme sa volonté de mener à terme ses investigations sur la gestion des ressources pétrolières de la SHT.
L’Autorité indique enfin avoir référé de cette affaire à la Présidence de la République afin que des suites disciplinaires, administratives et judiciaires soient données à l’encontre des responsables de l’ANSE impliqués.


