Une semaine après le lancement officiel de la collecte des données du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3), les opérations de dénombrement s’intensifient dans la capitale. Une immersion de terrain effectuée ce samedi 27 juin 2026 dans les 1er, 2e, 3e, 4e et 9e arrondissements a permis de dresser un premier bilan global, d’observer le déploiement des équipes et de mettre en lumière les réalités et difficultés concrètes auxquelles font face les agents recenseurs.
Ce suivi direct dans les foyers et les quartiers de N’Djaména a favorisé des échanges sans filtre avec les populations, les agents sur le terrain et les sous-coordonnateurs, révélant à la fois l’avancée du processus et les premiers défis logistiques.
Sur l’ensemble du territoire tchadien, plus de 35 000 agents recenseurs sont mobilisés et déployés pour accomplir cette mission cruciale. À N’Djaména, ce déploiement massif est particulièrement visible, les équipes quadrillant les différents secteurs pour s’assurer que chaque ménage est pris en compte dans cette opération statistique historique.
Dans la majeure partie des zones visitées, du 1er au 9e arrondissement, le constat global reste encourageant. La majorité des chefs de ménage collaborent volontiers et comprennent l’enjeu : permettre à l’État de disposer de données fiables pour planifier les infrastructures futures (écoles, hôpitaux, accès à l’eau). Cependant, la réalité du terrain impose son propre rythme, et les sept premiers jours de collecte intensive révèlent plusieurs goulots d’étranglement.
Bien que l’utilisation des tablettes numériques garantisse une meilleure centralisation des données, plusieurs difficultés humaines, techniques et logistiques ont été formellement soulevées par les agents et leurs encadreurs :
- Dans certaines concessions, notamment dans les 1er et 4e arrondissements, des agents se heurtent encore à la méfiance de quelques chefs de famille. L’intervention des chefs de carrés est parfois indispensable pour sensibiliser et désamorcer les refus de répondre.
- Le 9e arrondissement, de par sa topographie, présente des défis majeurs. Avec l’installation progressive de la saison des pluies, la progression physique des agents dans les zones inondables ou enclavées devient particulièrement difficile.
- Des problèmes liés à l’autonomie des batteries des outils de collecte et des légers soucis de synchronisation réseau des données ont été rapportés par les sous-coordonnateurs.
La réussite de ce projet national repose entièrement sur cette synergie entre le professionnalisme des 35 000 agents déployés et la coopération totale de la population.


