Le gouvernement tchadien engage la phase finale de la révision de sa législation pastorale. Le ministre de l’Élevage et de la Production animale, le Pr Abderahim Awat Atteïb, a ouvert ce mercredi 17 juin à N’Djamena l’atelier national de relecture du projet de code pastoral. Placé sous le thème « Un code pastoral adopté, une cohabitation pacifique assurée », cet événement réunit des membres du gouvernement, des parlementaires, des autorités locales, traditionnelles et religieuses, ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales et des délégués provinciaux.
Cette rencontre constitue le point d’orgue d’une démarche participative amorcée lors de 5 consultations zonales à Massakory, Fada, Abéché, Bongor et Sarh. L’enjeu est de remplacer un cadre légal obsolète, régi par une loi du 31 octobre 1959 sur le nomadisme, jugée désormais en décalage avec les réalités du terrain.
Bien que le pastoralisme demeure un pilier économique majeur et la principale source de revenus pour des millions de Tchadiens, le secteur fait face à de profonds bouleversements. La croissance démographique et les effets du changement climatique accentuent continuellement la pression sur les ressources naturelles partagées.
Lors de son intervention, le Pr Abderahim Awat Atteïb a mis en évidence les limites du texte de 1959, qui privilégiait le contrôle des mouvements plutôt que la reconnaissance de la mobilité pastorale ou la prévention des litiges fonciers. Cette refonte, issue des recommandations du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS), s’inscrit dans les orientations du chef de l’État pour doter le pays d’un outil moderne et inclusif, capable de réguler les relations entre éleveurs, agriculteurs et autres usagers de l’espace rural.
Le ministre a précisé que les travaux n’ont pas pour but d’entériner un texte préétabli, mais de consolider et d’enrichir les propositions issues du terrain dans un esprit d’équité. Sur le plan régional, il a rappelé la nécessité pour le Tchad, acteur majeur de l’élevage en Afrique, d’harmoniser sa législation avec celle de pays voisins comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso, déjà dotés de codes pastoraux adaptés. « Le futur cadre juridique doit refléter l’esprit d’inclusivité, d’unanimité, d’équité, de justice sociale et de responsabilité collective qui anime notre nation », a souligné le chef du département de l’Élevage, en invitant les participants à émettre librement leurs observations.
Les discussions, qui bénéficient du soutien technique et financier de la FAO, de la Banque mondiale (à travers le PRAPS-2TD) et de la Coopération suisse (via le PREPAS), visent à aboutir à un document consensuel et pérenne.


