Le Contrôleur général de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Ousmane Abderamane Djougourou, a animé le vendredi 5 juin 2026 une conférence-débat à l’École nationale d’administration (ENA). Axée sur le thème « Lutte contre la corruption au Tchad : bâtir une administration efficace au service du citoyen à travers la promotion de la bonne gouvernance », cette rencontre a réuni des enseignants, des élèves ainsi que plusieurs partenaires institutionnels.
Face à son auditoire, le Contrôleur Général de l’AILC a rappelé que la corruption demeure l’un des principaux freins au développement du pays. Bien que ce phénomène touche de nombreuses nations en développement, il a souligné qu’il ne se manifeste pas toujours de manière visible ou spectaculaire. Si la corruption peut être directe sur le principe du « donner pour obtenir », elle revêt également des formes multiples et plus subtiles.
Pour illustrer la démarche de l’institution, le Contrôleur général a d’ailleurs évoqué le cas spécifique de l’ENA, précisant qu’une mission d’audit avait été dépêchée pour examiner le dernier concours d’entrée. Après l’évaluation de plus de 3 000 copies, l’AILC a conclu que les opérations s’étaient déroulées dans une totale transparence. Parmi les dérives les plus courantes, Ousmane Abderamane Djougourou a listé les pots-de-vin, le détournement de deniers publics, la fraude, le népotisme, les conflits d’intérêts, les surfacturations, les marchés publics fictifs et l’enrichissement illicite. Autant de pratiques qui, selon lui, privent les citoyens des services essentiels, freinent la croissance économique, accentuent les inégalités sociales et détruisent la culture du mérite au sein de la fonction publique.
Pour le patron de l’AILC, l’action publique ne doit pas se limiter à la simple détection des irrégularités ou à la répression des fraudeurs. Elle implique avant tout la mise en place d’institutions solides, de procédures claires et d’une culture administrative fondée sur l’intégrité, la redevabilité, l’efficacité et le respect de l’État de droit. Pour appuyer sa démonstration, il a cité en exemple des pays comme le Rwanda, Singapour ou le Botswana, souvent érigés en modèles de bonne gouvernance grâce, notamment, à la modernisation de leur appareil étatique.
Pour conclure, Ousmane Abderaman Djougourou a souligné le fait que ce combat ne peut reposer sur la seule bonne volonté des individus, mais exige des structures fortes, crédibles et dotées de leviers à la fois préventifs et dissuasifs, un rôle dévolu à l’AILC depuis sa création. L’institution préconise ainsi une digitalisation intégrale de l’administration publique, perçue comme un levier majeur pour sécuriser les procédures, réduire les risques de dérive et améliorer la qualité du service rendu aux citoyens.


